Installé au pied des glaciers du Grand Bec, à 2347m d’altitude, le refuge du Plan des Gouilles fête cette année ses 50 ans. Sabrina André, gardienne du refuge depuis 2018, accueille les randonneurs de juin à septembre. Rencontre…
Comment es-tu devenue gardienne de refuge ?
Avant, je menais une vie citadine, même si j’allais souvent en montagne le week-end. J’avais envie de changement. En 2014, j’ai eu l’opportunité de devenir aide-gardienne au refuge du Mont-Pourri. J’y suis restée quatre saisons avant de reprendre, en 2018, le refuge du Plan des Gouilles. J’ai eu un vrai coup de cœur pour ce métier.
Tu connaissais déjà ce refuge ?
Oui, j’y étais venue enfant avec mes parents. Ils nous emmenaient partout en montagne ! Aujourd’hui, c’est même une aventure familiale : mon père passe au moins un mois au refuge chaque année pour m’aider à préparer la saison, mes sœurs s’investissent aussi dans le projet, notamment durant la période d’héliportage. Mon compagnon, qui est plombier, est aussi d’une grande aide ! Sans eux, je ne pourrais pas faire ce métier.
Comment définirais-tu le Plan des Gouilles ?
C’est un vrai refuge de montagne, simple et confortable, qui sort un peu des sentiers battus. Il n’a pas le confort d’un hôtel : pas de douche, des dortoirs, des repas partagés. Mais il reste fidèle à sa vocation première : accueillir et protéger ceux qui sont en montagne.
Comment se déroule une saison ?
J’ouvre généralement de mi-juin à mi-septembre, mais les préparatifs commencent bien avant. Cette année, je suis montée dès le 5 mai. En juin, les alpinistes sont majoritaires : je me lève à 2h30 pour préparer leur petit-déjeuner. À partir de juillet, arrivent les randonneurs et les familles. On ne s’arrête jamais vraiment ! Il faut préparer les repas, faire la vaisselle, entretenir le bâtiment… Je me couche souvent entre 23h et minuit. C’est intense, mais je ne me plains pas : je ne donnerais ma place pour rien au monde !
Que souhaites-tu transmettre aux visiteurs ?
Quand les gens viennent ici, ils prennent conscience que nous sommes une toute petite partie de la nature. On ne domine pas la montagne, on est ses invités. J’essaie de leur transmettre cette idée et quelques gestes simples pour la préserver.
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Joyeux 50 ans !
Construit en 1976 par le Club Alpin de Vanoise-Tarentaise, le refuge du Plan des Gouilles fête cette année ses 50 ans. À cette occasion, Sabrina, sa gardienne, organise une journée spéciale le dimanche 12 juillet. Au programme : un repas festif et de nombreuses activités en accès libre. La responsable de l’Espace Glacialis à Champagny-le-Haut et un garde du Parc national de la Vanoise proposeront des animations nature. Il y aura également un atelier nœuds d’alpinisme et d’escalade, un jeu de piste et bien d’autres surprises !








