Aventure exigeante, la progression sur glacier impose méthode et discernement. À skis l’hiver ou en crampons l’été, certaines règles sont incontournables. Équipements, réflexes, risques : l’essentiel avec Thierry Lombard, guide de haute montagne.
Qui peut y aller ?
L’hiver, le ski de randonnée sur glacier est réservé aux bons skieurs, capables de monter efficacement et de gérer une descente technique (niveau piste noire). L’été, la rando glaciaire est plus accessible : pas besoin d’être grimpeur, mais il faut maîtriser crampons, corde, baudrier et piolet ainsi qu’être en bonne condition physique. Une bonne porte d’entrée vers l’alpinisme. Attention à l’acclimatation : le mal des montagnes peut commencer dès 2500 m. Maux de tête, nausées, toux, œdème… Les formes graves peuvent être irréversibles. On ne part pas de Paris le matin pour dormir en refuge le soir et attaquer un sommet ou un glacier le lendemain matin…
Glacier mode hiver
En ski de rando sur glacier, en plus du kit DVA, pelle et sonde, le baudrier et un système de corde sont indispensables pour sortir d’une crevasse. On ne retire jamais les deux skis en même temps, et pas de pause sans les skis aux pieds ! Mieux vaut être prêt techniquement, la descente, c’est la cerise sur le gâteau, pas le moment de se mettre en danger.
Été : la marche encordée
En été, sur glacier, on est toujours encordé, mais le positionnement varie : sur glace, on reste proche pour retenir un déséquilibre ; sur neige, on s’espace et on garde la corde bien tendue, même à l’arrêt. Chacun sa gourde, sa crème, ses affaires : pas de pause groupée au milieu d’un glacier ! Les risques sont nombreux : dévissages, ponts fragiles, chutes de pierres, crevasses… La montagne exige rigueur et vigilance.
L’art de savoir renoncer
Les courses de montagne sont une lutte contre les éléments : froid, météo, fatigue, altitude. Respecter les horaires, c’est rester en sécurité. En descente, neige changeante, fatigue et manque d’eau augmentent les risques. Le bon réflexe ? Savoir dire STOP et faire évoluer ses objectifs. Renoncer, c’est assurer le retour. L’expérience, c’est choisir la simplicité et arriver en bas, tous en forme.

