Président du Club des sports de Courchevel de 2001 à 2018, aujourd’hui encore président de la commission alpine au Comité de ski Savoie, Michel Raffin revient sur son histoire avec la station et le ski.
Quels sont tes premiers souvenirs à Courchevel ?
Je suis toujours venu ici, depuis 1952. J’ai connu les débuts de la station, les télébennes du Praz et de Courchevel 1850 : il fallait courir après, on se cassait la figure ! À La Loze, Jean Bouvet avait la première Soucoupe, une cabane à l’époque, on lui montait les sacs de pain pour ne pas avoir notre carte poinçonnée. La Croisette, c’était une rue avec les files des clients et des moniteurs. Le torrent des Verdons n’était pas recouvert, on s’amusait à sauter par-dessus… On y a laissé quelques skis !
Tu as même été moniteur... une semaine !
C’était la bonne époque pour être moniteur. J’ai travaillé une semaine à 19 ans, mais je n’étais pas fait pour ça ! Le soir dans les bars, les gars étaient tous en pull rouge… même borgne et boiteux, ça aidait !
Et le Club des sports, comment l’as-tu intégré ?
Mon petit-fils est rentré dans le groupe multi-glisses, puis est parti faire du saut. Tony, l’entraîneur à l’époque, cherchait toujours quelqu’un pour accompagner les jeunes, conduire un bus… Alors je venais les week-ends et les vacances. Puis quand Éric Brèche, responsable saut à l’époque, a été nommé directeur de l’ESF 1500, il m’a dit : « Prends ma place à la commission saut du Club ». Je n’y connaissais rien, mais j’ai quand même fait toute la saison. Tony m’a expliqué, j’ai passé un exam' de juge de saut… et je me suis retrouvé président du saut, puis du Club des sports !
Un grand temps fort du Club a été le retour des Coupes du monde à Courchevel…
Le Club ayant aussi pour mission de développer les événements, nous voulions réorganiser des Coupes du monde. Une année, Sarah Lewis (FIS) a reçu l’un des trophées remis par l’événement Les Femmes en Or. Avec Bruno (Tuaire, directeur du club), on l’a rencontré, beaucoup discuté, avec la mairie aussi… Et de fil en aiguille, on a candidaté et on a fini par avoir une étape de Coupe du monde… Je me souviens de la première, on était dans le chalet, il n’y avait personne… On se disait, mais c’est pas possible ! Et 10 minutes avant, tout le monde est arrivé ! Quel soulagement, je pleurais comme une madeleine !
Parle-nous un peu de la Jugend Cup aussi ?
Une course fabuleuse, imaginée par un avocat de Milan pour que les jeunes des cinq pays (Italie, France, Suisse, Allemagne et Autriche) se rencontrent et skient ensemble. On l’a accueilli en 1967. Quand on regarde le palmarès, on voit que tous les champions y sont passés ! La première fois où on l’a gagnée, j’avais dit la veille de la course que, si on gagnait, je me teignais les cheveux en rose… Le jour de la fête du club, j’ai alors passé la journée avec les cheveux roses !
Tes plus beaux souvenirs ?
La première victoire d’Alexis (Pinturault) : on a été à Ushuaïa ensemble, au Canada, en Autriche… Les championnats du monde junior au Canada avec le groupe des filles (Taïna Barioz, Anne-Sophie Barthet, Chloé Bernard-Granger et Tamara Vidoni) : la première fois où 4 filles du club se retrouvaient sur un championnat du monde.
Michel Raffin
Michel Raffin, former president of the Courchevel Sports Club (2001–2018) and current head of the Alpine Commission at the Savoie Committee, reflects on his lifelong connection to the station. From witnessing Courchevel’s early days and trying a week as an instructor, to leading the Club, organizing World Cups, and hosting the Jugend Cup, Raffin shares unforgettable memories, including supporting future champions like Alexis Pinturault and seeing young athletes shine on international stages.







