Responsable communication à Méribel Tourisme et maman de deux enfants, Marie Dohin est aussi athlète en ultra trail. Gagnante de la TDS (Sur les Traces des ducs de Savoie) en 2024, elle a réalisé son rêve l'automne dernier, en performant (5e femme) sur la mythique Diagonale des fous. Et elle ne compte pas s’arrêter en si bon chemin !
Marie, raconte-nous tes débuts en course ?
Mon papa était marathonien et m’a transmis le virus. À 25 ans, j’ai couru mon premier marathon avec lui. J’ai commencé par l’athlétisme, avant de me tourner vers la course sur route. Quand j’ai rencontré mon conjoint, je me suis mise au trail. J’habitais encore en Normandie. On s’est installés à Méribel il y a dix ans, et je me suis mise progressivement à l’ultra en profitant du terrain de jeu idéal qu’on a la chance d’avoir autour de la maison.
Qu’est-ce qui t’anime dans l’ultra trail ?
La découverte, l’aventure et le partage. On parcourt des distances de 80km et plus. C’est l’équivalent de cinq à six randos. Même avec beaucoup de préparation, chaque course est une aventure. Il y a toujours des surprises ! L’ultra est un sport individuel qui se pratique à plusieurs, avec les autres coureurs, les proches, les bénévoles… Cette dimension collective est centrale.
Ta plus belle victoire ?
Ma première place en 2024 sur la TDS (Sur les Traces des Ducs de Savoie, 140km pour 10000m D+), une des courses de l'Ultra-trail du Mont-Blanc. Je sortais de la maternité, mon petit dernier avait deux ans. C’était très encourageant de constater que je pouvais encore performer en parallèle de ma vie de maman. Tout était aligné. J’ai fait la course parfaite.
La course la plus difficile ?
La Diagonale des fous, sur l’île de La Réunion, que j’ai courue pour la première fois à l’automne 2025. C’était un rêve. C’est une course mythique qui m’a toujours donné envie de persévérer dans la voie de l’ultra. Elle a cette particularité d’être très longue (180km pour 10000m D+) et de se faire sans bâtons. Moi qui suis désormais une fervente adepte des bâtons (je ne voyais pas l’intérêt en Normandie…), j’ai dû réapprendre à faire sans, sur des sentiers très techniques, sans compter la chaleur et l’humidité.
Quel est ton programme cet hiver ?
Du repos… mais pas d’hibernation ! Je continue à courir régulièrement, notamment autour du plan d’eau de Tuéda qui s’y prête très bien. Je fais aussi du ski de fond et du ski de rando.
Et ton prochain objectif ?
On a la chance d’avoir juste à côté, à Chamonix, la course la plus prestigieuse au monde : l’Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB). Même si j’ai déjà fait des courses de l’UTMB, je n’ai pas fait LA course. C’est donc mon prochain objectif pour 2026.
Une anecdote de course ?
Sur la Diagonale des fous, je passais pour la première fois la barre des 24h de course. J’ai terminé en 35h, avec une deuxième nuit marquée par quelques hallucinations : la végétation prenait des formes étranges !
Quelle place pour le mental ?
Elle est centrale. En ultra, c’est le mental qui fait terminer une course. Quand ça devient très dur physiquement, on puise dans ses ressources mentales. D’expérience, je trouve que c’est une grande force chez les coureuses féminines.
Que dirais-tu à quelqu’un qui hésite à se lancer ?
Y aller progressivement, mais avec régularité. Se fixer de petits objectifs, sur de beaux sentiers, sans pression. Le plaisir doit rester au centre.
Marie Dohin, Ultra at Heart
Marie Dohin juggles many lives with the same energy: communications manager at Méribel Tourisme, mother of two, and elite ultra-trail runner. Inspired by her marathon-running father, she moved from road running to trail, then ultra, after settling in the Alps. Winner of the Trace des Ducs de Savoie in 2024 and 5th woman at the legendary Diagonale des Fous in 2025, she embraces ultra trail for its adventure, shared effort and mental challenge. Next on her horizon: the iconic UTMB in 2026.









