Peisey-Nancroix abrite un grand aquarelliste qui sait se rendre discret. Plus connu dans la vallée en tant que guide de haute montagne, Olivier Oudard a réalisé une centaine de portraits à l’aquarelle.
Installé à Peisey-Nancroix, Olivier partage sa vie entre deux passions : la haute montagne et l’aquarelle. Guide de haute montagne depuis plus de 25 ans, après un début de carrière comme professeur des écoles, il a trouvé dans la peinture un second souffle artistique. Fils de l’aquarelliste Béatrice Oudard, il a grandi dans un univers créatif avant de reprendre les pinceaux à l’âge de 40 ans, encouragé par sa femme et sa mère.
Le retour aux pinceaux
« J’ai beaucoup dessiné jusqu’à mes vingt ans, puis j’ai complètement arrêté », raconte-t-il. Lorsque l’envie refait surface, Olivier choisit l’aquarelle, une technique qui le séduit par ses possibilités infinies. D’abord centré sur les paysages, il se tourne rapidement vers le portrait. « Il y a peu d’aquarellistes qui font du portrait. J’avais peu de références », explique-t-il. Ses influences, il les puise notamment chez Guan Weixing, maître chinois du genre, qu’il admire profondément.
Une centaine de visages
Au fil des années, Olivier a réalisé une centaine de portraits, rassemblés sous le titre « Portraits d’ici et d’ailleurs ». Ses toiles voyagent autant que lui : expositions locales, biennales internationales à Coquelles ou Aiguillon, où il décroche plusieurs prix. Sa reconnaissance débute en 2015, lorsqu’il remporte un concours du magazine L’Art de l’aquarelle. « Après ça, j’ai eu beaucoup de demandes pour des expositions », se souvient-il. Ses modèles ? Sa famille, ses amis, mais aussi des visages captés lors de ses expéditions en Asie. « Il y a aussi des gens que je ne connais pas et dont j’aime tout simplement la tête. » Parfois, une scène vue à la télé suffit à inspirer un tableau, comme celle des deux hommes âgés évoquant leurs souvenirs de jeunesse.
La magie du portrait
« Ce que j’aime dans le portrait, c’est qu’il prend vie tout doucement sur le papier, au fil des couches de peinture que je superpose. » Trois à dix heures sont nécessaires pour aboutir à une œuvre, avec un long temps de réflexion sur l’arrière-plan destiné à valoriser le sujet. L’exercice demande une maîtrise particulière : « La difficulté avec l’aquarelle est qu’il faut anticiper les réactions de l’eau, qui vont être dépendantes du papier. C’est pour ça que je ne change presque jamais de support. »
Olivier Oudard, the mountain guide who paints faces
In Peisey-Nancroix, mountain guide and painter Olivier Oudard divides his time between peaks and paint. Son of artist Béatrice Oudard, he returned to watercolor at forty, finding freedom in portraiture. His series “Portraits from Here and Elsewhere” now gathers around a hundred faces-family, friends, and strangers met on expeditions. Awarded at international biennales and recognized by L’Art de l’aquarelle in 2015, he paints patiently, letting each portrait “slowly come to life on paper.”










