Il y a 4 ans, à l’âge de 90 ans, Jacqueline continuait à descendre les pistes de Courchevel. Aujourd’hui, même si elle a mis fin à sa pratique du ski, elle reste animée par le plaisir de partager ses souvenirs des débuts de la station…
Quand a commencé votre histoire avec Courchevel ?
Je suis née à Paris. Quand j’ai terminé mes études à l’école hôtelière, j’ai eu envie de voir ailleurs. Alors j’ai pris contact avec des gens d’ici qui cherchaient, pour l’hôtel des Tovets à Courchevel 1850, quelqu’un pour accueillir les clients, servir à boire au bar… J’ai débarqué à Courchevel pour l’hiver 1952-53, dans ce petit hôtel familial d’une dizaine de chambres.
Quelles ont été vos premières impressions en arrivant ici ?
C’était le bonheur parfait pour moi… bien que les conditions de vie étaient difficiles. À Paris, on partait avec les copains à Fontainebleau, mais ça ne me suffisait pas ! En tant que citadine, ça a été une bénédiction d’avoir cette opportunité de venir ici, de pouvoir respirer et se sentir en osmose avec la nature… Tout le monde m’apprenait à skier, les gens des remontées, les pisteurs… c’est divin cette sensation de glisse. Les premiers skis, c’était en bois, il fallait vraiment y mettre du sien pour tourner !
Et puis vous êtes revenue…
La solution pour être ici, c’était de faire les saisons. Je suis donc revenue l’hiver d’après, à l’hôtel de la Loze, où j’ai tenu la petite confiserie. Un jour, ma patronne m’a vu traverser la rue pour aller faire du ski, et elle m’a dit « je ne vous paye pas pour faire du ski, rentrez chez vous !». Les moniteurs venaient me voir, ils se servaient dans les chocolats... Je n’étais pas très sérieuse !
Le ski, c’est ce qui vous animait. Et vous en avez fait votre métier !
L’année d’après, je suis allée faire un stage à Chamonix pour être « jardinière des neiges ». J’ai passé 3 ans à l’école de ski à l’époque de Zava et Pierre Perret, les directeurs. Je me suis régalée avec les petits, on s’entendait bien avec les monitrices. Le soir, je vendais des tickets à l’école de ski pour les cours particuliers. J’ai acheté ensuite un chalet Les Rossignols, où j’ai gardé les enfants hiver et été pendant 5 ans.
Quels sont vos plus beaux souvenirs en montagne ?
À la fin de l’hiver, on n’était pas fatigués ! On repartait avec les copains, Michel Rochedy, André Simon, Daniel Stolzenberg… On prenait la dernière benne à Val d’Isère, on montait en peaux de phoque… On a aussi fait Chamonix-Zermatt aussi quand j’avais 20 ans. On partait 8 ou 10 jours, et on dormait en refuge. On était vraiment dans la montagne, mes plus beaux souvenirs…
À la fin de l’hiver, on n’était pas fatigués ! On repartait avec les copains, Michel Rochedy, André Simon, Daniel Stolzenberg… On prenait la dernière benne à Val d’Isère, on montait en peaux de phoque… On a aussi fait Chamonix-Zermatt aussi quand j’avais 20 ans. On partait 8 ou 10 jours, et on dormait en refuge. On était vraiment dans la montagne, mes plus beaux souvenirs…
Quels étaient vos endroits préférés pour skier à Courchevel ?
La Saulire, la Loze… On allait voir Jean Bouvet, une merveille, dans son restaurant La Soucoupe. On faisait des nocturnes, on redescendait avec des torches. Un jour, j’ai été placé à côté du roi des Belges, j’étais très intimidée !
Qu’est-ce qui vous a fait rentrer à Paris ?
J’ai rencontré mon mari, Claude Peyrot, cuisinier, et on a ouvert notre restaurant à Paris, Le Vivarois, en 1966. On revenait ici pour les vacances quand on pouvait. On a eu 3 étoiles pendant 9 ans, puis on a vendu en 1999. Je suis revenue habiter ici, puis à Marseille. Je suis transformée quand je suis ici, en montagne.
A lifetime on the slopes
At 90, Jacqueline was still skiing Courchevel’s slopes — a true mountain spirit. Her adventure began in 1952, when she left Paris to work in a small alpine hotel and discovered a lifelong love of skiing. From teaching children on wooden skis to ski touring from Chamonix to Zermatt, she lived the golden age of the resort. Later, with her husband, Michelin-starred chef Claude Peyrot, she ran Le Vivarois in Paris — but her heart forever belongs to the mountains.

