Cédric Villien est éleveur et producteur de lait au GAEC L’Armoise, à Bourg-Saint-Maurice, une ferme familiale qui perdure depuis presque un siècle. Rencontre avec un passionné, bien décidé à perpétuer les traditions locales à l’origine du fameux beaufort.
Cédric, peux-tu te présenter ?
Je suis éleveur et producteur de lait, co-gérant du GAEC L’Armoise depuis vingt-sept ans. J’ai toujours fait ce métier : mes grands-parents maternels étaient également éleveurs à Bourg-Saint-Maurice.
Je suis éleveur et producteur de lait, co-gérant du GAEC L’Armoise depuis vingt-sept ans. J’ai toujours fait ce métier : mes grands-parents maternels étaient également éleveurs à Bourg-Saint-Maurice.
Tu as repris la ferme familiale ?
Tout à fait. On l’a repris en 1999 avec mon cousin Yohann Tresallet. Aujourd’hui, on est trois associés, Olivier Mugnier nous a rejoint. On accueille aussi un apprenti, qui n’est autre que le fils de Yoann — la relève est déjà assurée ! — et un salarié en renfort l’été. La ferme est dans la famille depuis 1952. À l’époque, c’était juste un bout d’écurie avec quatre vaches. Aujourd’hui, on en élève une centaine sur 400 hectares, dont 200 d’alpage.
En quoi consiste le métier d’éleveur ?
La traite des vaches est une grosse partie du travail. Elle a lieu deux fois par jour : la première vers quatre heures du matin, la seconde à seize heures. Il faut respecter un intervalle de douze heures pour le bien-être des vaches et la qualité du lait. Mais il y a aussi le soin aux bêtes, l’entretien des locaux, la récolte des foins… et les vêlages : on élève entre 40 et 50 veaux par an.
Comment la saisonnalité influence-t-elle ton travail ?
Le printemps est la période la plus chargée. Il faut préparer les prés pour les vaches qui ont passé tout l’hiver à l’étable : nettoyer les pâturages, fertiliser, poser les clôtures. Les vaches sortent autour du 20 avril. Elles paissent d’abord autour de l’étable, puis de l’autre côté de l’Isère. Ensuite, elles partent en estive autour du 20 mai au-dessus des Échines, puis à l’alpage du Clapet, vers le col du Petit Saint-Bernard. Le retour à l’étable se fait entre novembre et décembre, selon les conditions météo.
Combien de litres de lait sont produits par jour ?
En ce moment, entre 1300 et 1400 litres par jour. En juin, quand les vaches sont plus productives, ça peut monter jusqu’à 2100 litres.
Que devient le lait après la traite ?
Le lait est acheminé tous les matins à la zone artisanale des Colombières, juste à côté de l’exploitation. C’est le site de la Coopérative laitière de Haute Tarentaise, dédié à la transformation et à l’affinage du fromage. Après une période d’affinage de cinq mois minimum, le lait, transformé en meules de beaufort, est vendu en direct dans nos magasins et dans les grandes surfaces et fromageries de notre région. C’est du circuit court !
Tu es aussi l’actuel président de la Coopérative…
Oui, depuis 2023, après avoir été vice-président pendant une dizaine d’années. La Coop’ a été essentielle pour revaloriser l’agriculture de montagne après la guerre et pour structurer la filière du beaufort. On est sociétaires depuis sa création, en 1963. C’était donc important pour moi de m’engager autant que possible dans cette société.
En résumé, que représente ton métier pour toi ?
C’est un travail exigeant, rythmé par les saisons et les aléas de la nature, mais profondément lié au territoire. Le beaufort est issu d’une longue tradition de savoir-faire. C’est un héritage qu’il nous faut préserver en tant qu’éleveur et producteur de lait.
Cédric, happiness is in the meadow
Cédric Villien is a dedicated farmer at GAEC L’Armoise in Bourg-Saint-Maurice, a family farm operating since 1952. With a herd of around 100 cows on 400 hectares, he produces 1,300–2,100 liters of milk daily, which becomes the region’s famous Beaufort cheese. Managing seasonal grazing, daily milking, and animal care, Cédric combines tradition with modern farming. As president of the local cooperative, he ensures the legacy of mountain agriculture and Beaufort production continues for future generations.






