Présent au col de la Chal à l'occasion de Montagne en partage, Jean-Baptiste Bosson, directeur de l'association Marge Sauvage, est venu sensibiliser le public à la protection des glaciers et des écosystèmes qui naissent de leur recul. Rencontre !
Tu es glaciologue. En quoi consiste ton métier ?
J'étudie les glaciers et leur évolution, mais aussi les écosystèmes post-glaciaires qui se développent à mesure qu'ils reculent. Cela m'amène à travailler sur l'écologie en général. Dans le cadre des actions menées avec l'association Marge Sauvage, je passe aussi beaucoup de temps à sensibiliser la société : le grand public, les élus, les acteurs économiques et les décideurs. Mon objectif est de les convaincre d'agir pour protéger ces zones qui sont en première ligne face au réchauffement climatique.
Quel est ton lien avec Bourg-Saint-Maurice / Les Arcs ?
C'est justement dans cette démarche que je travaille depuis quatre ans sur le territoire de Bourg-Saint-Maurice / Les Arcs, en collaboration avec les acteurs locaux, notamment ADS, la société gestionnaire du domaine de montagne Les Arcs / Peisey-Vallandry. Depuis 2024, je mène un travail sur le glacier du Varet, au sommet de l'Aiguille Rouge, qui a déjà perdu la moitié de sa surface. Son recul laisse apparaître un nouvel écosystème d'environ 15 hectares, que nous étudions afin de mieux le comprendre et de mettre en place des mesures de protection.
Que trouve-t-on dans ces écosystèmes post-glaciaires ?
On y découvre des lacs, des rivières, des zones humides, des espaces minéraux, des pelouses alpines et même des forêts primaires, qui se développent sans intervention humaine. C'est fascinant d'observer la toile du vivant qui se recompose spontanément. Les espèces animales déjà présentes dans les environs remontent progressivement pour y trouver refuge.
Pour toi, les glaciers sont des lanceurs d'alerte ?
Les glaciers rendent visibles et concrets les effets du réchauffement climatique. Depuis la révolution industrielle, la température moyenne mondiale a augmenté d'environ 1,3 °C. À l'échelle individuelle, cette évolution reste difficile à percevoir. En revanche, les glaciers ont déjà perdu près de 80% de leur volume initial. Comme les premiers symptômes d'une maladie, ils nous permettent de prendre conscience de la gravité de la situation et, je l'espère, donnent envie d'agir.



