Val Thorens

Une enfance les pieds dans la neige

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© DR
23 Jan 20263V477
   
À 50 ans, Julie Coppier a toujours vécu à Val Thorens. Une histoire qui a commencé avec ses parents en 1972, quand ils ont construit le chalet d’altitude, La Moutière. Petit tour d’horizon de ses souvenirs d’enfance…

Quand l’aventure valthorinoise a-t-elle commencé pour ta famille ?
Mes parents sont originaires de Grenoble, mais mon grand-père avait un appartement aux Menuires. Il avait entendu qu’une station de ski allait s’ouvrir plus haut. Mes parents sont venus voir et ils se sont lancés, sans expérience. L’été 1972, ils ont commencé la construction de La Moutière pour ouvrir l’hiver 1972-73.
 
Les débuts ont-ils été faciles ?
Mon père était moniteur de ski, c’est ma mère qui tenait le restaurant. Au début, elle avait une amie qui vendait des forfaits, elle l’appelait pour lui dire « aujourd’hui, on a vendu 0 forfait ! ». C’est vrai que parfois, il n’y avait personne ! Puis ça a bien démarré, surtout dans les années 1980 avec le téléphérique.
 
Qui étaient les premiers clients ?
Il y avait une bonne clientèle, des moniteurs de Courchevel notamment qui venaient chaque année. Ma mère m’a raconté qu’il y en avait un qui accompagnait un grand couturier qui lui offrait un parfum chaque année. Pour le week-end du 1er mai, ils venaient aussi lui offrir du muguet. Au début, on pouvait même y dormir, il y avait une trentaine de lits dans une salle en dessous, pour ceux qui partaient faire du ski de rando vers la cime Caron, Gébroulaz, le glacier de Chavière… quand il n’y avait pas encore le téléphérique.
 
Et en cuisine, comment cela se passait-il ?
C’était à la bonne franquette, des plats simples, des omelettes… Parfois un moniteur passait en cuisine pour la cuisiner ! Il y avait aussi de la friture, car on m’appelait « Julie La Frite », je sentais tout le temps la frite. Les clients commandaient, payaient, et on leur donnait un ticket avec un numéro. Et quand le plat était prêt, le serveur criait le numéro. Une fois, j’étais avec mon copain Yannick Richard qui avait mon âge, on avait commandé et on attendait… jusqu’à ce que je vienne voir ma mère en pleurant parce qu’on n’avait pas nos spaghettis bolognaise. On s’est pris un savon, parce que le serveur criait notre numéro depuis une heure… Mais, nous, on ne savait pas encore lire !
 
Puis tes parents ont vendu…
Oui, ils ont construit le chalet de Caron : plus gros, presque au bord de la route… Ils ont aussi construit La Petite Moutière, en haut du télésiège qui allait au glacier, un tout petit chalet en rondins de 30 places. Pendant 40 ans La Moutière a été gérée par d’autres personnes, et j’ai acheté en 2020. Quand j’y suis retournée, je me suis tout de suite sentie bien. Rien n’avait changé...
 
Comment était la vie à Val Thorens ?
J’ai de chouettes souvenirs avec notre bande de copains, on allait à l’école à pied, en luge… On trainait après la sortie, on rentrait trempés d’avoir joué dans la neige. Ados, on faisait le jour de l’An, on dormait dans le chalet de Caron, on descendait en luge la piste… c’était une belle enfance sans danger. On est dans un « univers parallèle » dans les stations de ski, c’est un peu Disneyland…
 
Quel est l’esprit de la station pour toi ?
Ce qui est chouette ici, c’est qu’on ne se tire pas dans les pattes. Chacun fait son truc mais il y a de l’entraide, de la solidarité. On se connait tous. Tout le monde vient d’ailleurs. Les Bellevillois n’y croyaient pas à l’origine, du coup ils n’ont pas de business ici. Il y a un bon esprit pionnier ici, « united ».

Growing Up in the Snow: A Pioneer Family Story in Val Thorens

Julie Coppier, now 50, has lived in Val Thorens all her life. Her family adventure began in 1972, when her parents, with no experience, built La Moutière at high altitude as the resort was just emerging. In those early days, there were sometimes no clients at all, but a strong pioneer spirit, mutual help and simple living. Ski instructors, mountaineers and loyal guests shaped a warm, family-style atmosphere. Growing up in the snow, Julie remembers a free, close-knit childhood in a unique mountain “parallel world.”